
Chers amis,
Tout d’abord, un énorme travail a été effectué en amont, avant que les romans arrivent enfin entre les mains des lycéens d’Évreux. Des libraires, des bibliothécaires, des professeurs ont lu et sélectionné les ouvrages, dans le flux incessant des parutions annuelles. Puis, des enseignants se sont emparés des livres choisis pour les proposer à leur classe. Des achats ont été engagés - donc un investissement financier a été trouvé - et cela s’est ajouté au temps et à l’énergie déployés par tous les médiateurs du livre.
Remercions donc, en premier lieu, ces prescripteurs pour leur belle énergie, cet enthousiasme, et tout le travail effectué afin que la sélection du Prix des lycéens d’Évreux arrive jusqu’à vous, mes lecteurs. Je n’oublie pas mon éditeur, Milan, qui a permis à ce livre d’exister et qui l’a paré du papillon merveilleux de la métamorphose.
Vous savez, c’est difficile de faire partager une lecture. Soit le livre « prend », et ça va tout seul, le lecteur est embarqué, il est porté par le souffle romanesque, et vogue joyeusement sur le flot des mots, soit le livre « rame » un peu, et il faut remorquer le lourd bateau de la classe sur la mer étale de l’ennui. Pire, enfin, si le roman choisi ne plaît pas, si l’histoire prend l’eau, et l’intrigue patauge... c’est un naufrage qui peut entraîner par le fond les lecteurs peu aguerris. Le risque est grand de noyer définitivement les envies de lectures futures.
Merci à vous, donc, chers professeurs, documentalistes, bibliothécaires, libraires pour cet investissement, cet enthousiasme, cet amour de la lecture que vous savez communiquer.
Et vous, mes lecteurs, je vous remercie de l’immense honneur que vous m’accordez en ayant choisi mon livre.
Dans les prix littéraires ce sont des professionnels qui élisent leurs lauréats. Dans les prix de littérature jeunesse, ce sont les lecteurs qui, eux-mêmes, désignent le livre qu’ils ont préféré.
Et là, c’est Métal mélodie qui a été choisi. Alors, oui, je suis fière. Parce que, figurez-vous, ce n’est pas facile d‘écrire un roman et de le soumettre au jugement des adolescents.
Vous êtes un public très pointu ! Il vous faut une bonne histoire, mais pas trop de descriptions. Vous cherchez à vous identifier, un peu, mais pas totalement. Vous exigez de quoi être étonnés, questionnés, de quoi vous dépayser, de l’émotion, de l’humour, de l’intensité ! Une ambiance et un vocabulaire riches, sans être trop sophistiqués, une histoire qui plaise aux filles sans déplaire aux garçons, qui ne choque pas les adultes n’offusque pas les parents, qui ne soit pas jugée indigente par les profs, qui n’agace pas les bibliothécaires, ni n’exaspère les libraires...
Et, attention ! Pas question de négliger la loi qui régit les publications pour la jeunesse ! Donc : du sexe, mais sans trop, pas de drogue, ni de tabac, ni d’alcool trop visibles ! Au final, le danger est grand de pondre une histoire édulcorée qui vous fera pleurer d’ennui.
Mais, je n’ai pas pensé à toutes ces contraintes, quand j’ai écrit Métal Mélodie. Luce la petite gothique révoltée me tenait la main, alors qu’elle recherchait sa mère. Ses musiques portaient mon écriture, rythmaient son évolution.
J’ai rencontré certaines de vos classes, et j’en garde un souvenir chaud et émouvant. Ensemble, grâce à la quête de Luce, nous avons pu parler d’amour, de liberté, de voyages, de musique.
Je regrette de ne pas être parmi vous, aujourd’hui, et je m’en excuse. J’aurais tant aimé pouvoir, de vive voix vous exprimer ma joie et ma gratitude !
Je vous remercie d’être cette adolescence que j’aime et pour laquelle j’écris. Je vous souhaite du bonheur, une vie jolie, et que de belles lectures vous accompagnent toujours.
Merci encore !